Première récapitulation
(de philosophie générale introductive)
Récapitulons notre introduction :
Le « temps » est a priori considéré par chacun d’entre nous comme étant un phénomène réel qui fait partie du monde, qui serait comme une « quatrième dimension » rajoutée aux trois premières de l’espace.
Le « temps » est malgré tout une notion qui pose problème, notamment sur le plan de sa définition.
Les philosophes, depuis Aristote, ont déjà noté que « passé », « présent » et « futur » ne pouvaient coexister. En conséquence de quoi seul le « présent » pourrait légitimement être considéré comme étant réel. Peut-être même ce qu’on appelle « présent » se confond-il avec la réalité.
En quoi consisteraient alors ce que nous appelons « passé » et « futur » ?
Le « passé » pourrait consister en un ensemble d’images du monde que nous percevons dans notre mémoire, lequel est un espace de stockage de ce que nous percevons du monde, et en attribuant l’objet de ces images, par commodité intellectuelle, à un « univers passé » (alors que cet univers n’existe pas).
Le « futur » serait une projection imaginaire de ce qui peut advenir (au présent), sur la base de ce que nous savons des mouvements réguliers du monde (comme par exemple le lever et le coucher alternatifs du soleil), et que nous construisons mentalement, par la manipulation d’images archivées et la construction d’images virtuelles.
Montres et horloges nous indiquent-elles que du « temps » s’écoule ? En toute rigueur, non : le mouvement de leurs aiguilles est la simple projection et représentation du mouvement de rotation de la terre sur elle-même, qui nous permet de nous situer à la surface de la terre par rapport à l’axe terre-soleil.
Le chronomètre, de son côté, nous aide à évaluer le mouvement d’autres mobiles dans l’espace.
L’existence de « temps » comme phénomène appartenant au monde (ou comme production de l’esprit) pose donc question.