Ce que sont le monde, la « vitesse »,
« l’accélération » ou l’énergie
En aval de l’hypothèse cognitiviste-présentiste des idées temporelles, interrogeons-nous sur quelques notions courantes.
Si le « temps » n’existe pas, qu’est-ce que le monde ?
Si le « temps » n’est pas un phénomène existant réellement dans le monde extérieur à la cognition, alors le monde est probablement constitué d’espace, de matière et de mouvement de matière dans cet espace, et de rien d’autre, le tout se déroulant dans une sorte de « perpétuel présent » (si l’on veut s’exprimer de façon temporelle), ou se déroulant tout simplement dans la réalité, qui est « atemporelle » (c’est-à-dire dénuée de « passé » et de « futur », mais simplement en mouvement).
Si le temps n’existe pas, que sont la « vitesse » et « l’accélération » ?
Les notions de « vitesse » et « d’accélération » sont des notions de physique élaborées sur l’hypothèse d’existence (extra-cognitive) du « temps » et sur son objectivation comme phénomène du monde. En réalité, un « mètre par seconde » signifie « un mouvement d’un mètre simultanément à un mouvement d’un cran de la trotteuse de la montre », c’est-à-dire « un mouvement d’un mètre par fraction du mouvement de rotation de la terre sur elle-même ». C’est-à-dire que le terme de « vitesse » recouvre une notion de rapport entre les mouvements de deux mobiles : le mouvement d’un mobile quelconque (par exemple une voiture ou un athlète) et le mouvement de la terre (qui n’est pas « quelconque » mais qui est un mouvement régulier, ancestral et référentiel pour l’être humain). Plus une voiture va « vite », plus grand est le rapport entre la distance qu’elle parcourt et la distance que parcourt un point à la surface de la terre par rapport à l’axe terre-soleil. Ce qu’on appelle le « temps », la valeur de « s-1 », n’est, dans la notion de « vitesse », qu’une valeur mathématique intermédiaire pour comparer le mouvement d’un mobile et celui, « référent universel », de la terre. Une « vitesse » dans l’absolu, sans référence au mouvement de rotation de la terre sur elle-même, n’a pas de sens. Einstein n’objecterait probablement pas.
« L’accélération », de son côté, exprime une variation de « vitesse », relative également au mouvement de la terre. Plus « l’accélération » est « élevée », plus grand est le rapport entre la variation de mouvement du mobile et le mouvement d’un point à la surface de la terre.
« Vitesse » et « accélération » sont en définitive des « raccourcis intellectuels », des outils mathématiques, abstraits, qui permettent d’exprimer en un seul mot des phénomènes de mouvements et de distances relativement complexes.
Qu’est-ce que « l’énergie » ?
Si l’on fait abstraction des notions de « temps », on pressent que « l’énergie » consiste, quelle que soit la forme qu’elle prend, en un mouvement de matière, à un niveau oscillant entre atome (même probablement plus bas, pour ce qui concerne la gravitation) et agglomération moléculaire.
L’eau des rivières, la roue de moulin, le mobile en mouvement, le feu, la vapeur, la lave, l’électricité, la chaleur, la molécule de carbone (bois ou charbon), la molécule d’hydrocarbure, l’atome d’uranium, la fission et la fusion nucléaires, le moteur, la machine, le magnétisme, le photon, etc… ne sont constitués ni plus ni moins que de matière en mouvement, que de mouvement de matière. La matière en apparence inerte est elle-même « matière en mouvement » (au niveau atomique), et « énergie ».
Une telle approche laisse d’ailleurs à penser que la force de gravitation – et donc « l’énergie potentielle » d’un objet – cachent des mouvements de matière, probablement à un niveau subatomique, que l’intelligence humaine ne parvient pas encore à percevoir. Il existe probablement entre la pomme suspendue à son arbre et le centre de la terre un mouvement de matière que nous ne voyons pas. Car il n’y a rien de « magique » ou d’invisible dans le monde. Ou, plus exactement, il n’y a « d’invisible » que d’ignoré (ou de non photographiable techniquement).